Paroles de poilus 2

Publié le par Coline

carte postale de Bonne Année 1917

1er juillet 1915

    On est arrivés à se battre dans les tranchées non avec le fusil et la baïonnette, mais avec les outils portatifs : la pelle et la pioche jusqu’au couteau.

    Je vous prie dons de m’adresser dans le plus court délai, un couteau solide, puissant, avec un cran d’arrêt, ainsi qu’une chaîne pour l’attacher.

 

 

                                                                                             Emile SAUTOUR

 

 

 

 

 

Carte postale : l'alsacienne et la lorraine saluent les vaillants soldats de l'armée française

 

Le 5 août 1915

    J’ai toujours omis de vous dire que les Boches étaient ivres les 13 et 14 juillet ; leur élan était beau , mais il se brisait au bout de notre baïonnette. Comme des fous, ils avançaient sans se rendre compte du danger. Ce n’étaient plus les soldats qui se dissimulaient lors des premiers jours de la guerre, c’était des hommes qui marchaient en avant, offrant à nous tout leur buste. Et ce fut une supériorité écrasante sur eux. L’alcool qu’ils avaient absorbé devait renfermer certains produits car les morts étaient gonflés et noirs comme du charbon après être restés deux jours sur le terrain. Ce fait ne s’est point produit sur les nôtres. Ils venaient de Metz et ses soldats équipés de neuf avaient de dix-sept à vingt ans.

                                                                                           Emile SAUTOUR

 

 

                      Source : Paroles de poilus, Lettres et carnets du front, 1914-1918

Sous la Direction de JP Guéno et Y Laplume Radio France 1998

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