La guerre du côté des civils

Publié le par Constant Samantha et Ratajczak Claire

Comment ont été vécues les dernières années de la guerre par les populations civiles européennes ?

L'année 1917 est une année décisive de la première guerre mondiale. Depuis fin 1916 jusqu'à fin 1918, on constate une certaine lassitude de l'arrière du front très certainement due à l'enlisement de la guerre. On parle beaucoup des soldats du front, pourtant les civils à l'arrière ont une grande influence sur la guerre et son déroulement. Comment les populations européennes ont-elles vécue, à l'arrière, cette guerre ?

 

 A cause de leur situation géographique, les puissances centrales sont encerclées par la Triple Entente et leurs alliés, de plus en plus nombreux. Cet encerclement ne favorise pas l'importation de marchandises, notamment du côté de la Triple Alliance. D'après une lettre allemande adressée le 23 Novembre 1916 par une femme à son mari, prisonnier de guerre interné dans le Puy-de-Dôme, «tout est rationné» dans l'empire allemand. Entre 1917 et 1918, la vie des civils prend un tournant inquiétant : «si la guerre continue nous périrons tous» ajoute cette même femme. Elle précise même «nos ennemis ne manquent de rien». En effet, la France et la Grande-Bretagne sont davantage protégées grâce un ravitaillement efficace, qui provient notamment de leur empire. L'Allemagne connaît donc une hausse des prix entrainant une forte pression sur le niveau de vie national.

     Suite à cela, les travailleurs ont trouvé un moyen de pression important : la grève ! Par exemple, entre 1917 et 1918, la France est secouée par une série de grèves qui trahit la lassitude de la guerre et le ras-le-bol d'une population. C'est un mouvement social considérable et inédit. Les citoyens français défendent différentes causes comme l'augmentation du travail des femmes. Mais, ils reprochent aussi au gouvernement l'échec monumental de l'offensive du chemin des Dames qui s'achève le 11 Mai 1917. Ces événements donnent lieu par exemple à la grève des midinettes (couturières) qui finissent par obtenir gain de cause avec quelques améliorations de salaires. Un deuxième mouvement de grève a lieu, celui des 100 000 métallos en Mai 1918 à Paris. Ces derniers revendiquent la formation d'un syndicat suite au rythme effréné de production imposé par la guerre. La région stéphanoise fut également beaucoup touchée par ces mouvements de grève, notamment ceux des femmes. 

  Sur cette carte postale de 1917, la lassitude de l'arrière est visible avec ce souvenir de la grève de l'imprimerie. On voit le rôle important des femmes car elle constitue la très grande majorité de la main d'oeuvre. Le lieu de la prise de vue n'est pas mentionné.


La Russie est le pays le plus victime du «  ras-le-bol » et de la pénurie. Elle est touchée par deux révolutions en 1917 (libérale et bolchévique), notamment à cause de la propagation des idées de Lenine. La Russie faiblit puis se retire du conflit. S'en suivent des pertes de territoire importantes. Cela constitue un tournant décisif dans l'évolution de cette première guerre mondiale.

     Le 1er Août 1917, la papauté émet à son tour un appel à la paix évoquant les «dommages à réparer» ainsi que les frais de guerre. D'après le pape Benoît XV, le seul moyen de résoudre le problème est la restitution réciproque des territoires conquis pendant la guerre.


Finalement, cette guerre qui dure beaucoup plus longtemps que prévu est aussi mal vécue à l'arrière que sur le front.

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