La justice militaire et les fusillés

Publié le par Karine B. et Camille B.

Comment la justice militaire a-t-elle contribué en France à faire accepter la guerre de 1914 à 1918 ?

             Dans une Europe qui a beaucoup évolué entre 1850 et 1914 des tensions se font sentir entre les États. Lattentat de Sarajevo, qui a eu lieu le 28 juin 1914, a déclenché un conflit à lampleur spectaculaire : la Première Guerre mondiale. Les soldats partent confiants mais la lassitude du combat se fait très vite ressentir dans les tranchées. Cependant, malgré leurs réticences, les soldats se résignent, notamment car les quelques oppositions de départ échouent et sont sévèrement punies par la justice militaire. On peut alors se demander comment cette justice militaire a contribué à faire accepter la guerre aux soldats français de 1914 à 1918.

            Tout dabord, lorsque les hommes intégraient le monde militaire, ils perdaient de nombreux droits. En effet, ils nétaient plus des citoyens mais de simple soldats qui devaient obéir à un règlement hiérarchisé, injuste et sévère, surtout au début de la guerre car larmée était particulièrement instable et pas vraiment préparée à un conflit de longue durée. Ce règlement faisait pression sur les soldats qui devaient le craindre à tout prix. Pour cela, la justice militaire prévoyait aussi le recours à des exécutions exemplaires. Les martyrs de Vingré en sont lexemple parfait. Grâce à cette affaire, on peut constater que les accusés ne pouvaient pas bénéficier de défense, davocat, ce qui montre une perte de leurs droits, que leur parole avait moins de poids que celle des plus hauts gradés (respect de la hiérarchie), et que la justice était très injuste puisque les six hommes fusillés pour lexemple ont été tirés au sort.

   Monument honorant la mémoire des six soldats ayant été fusillés à tort lors de laffaire de Vingré, avant dêtre réhabilités en janvier 1921.

 

             Mais la peur que créait le règlement nest pas la seule raison qui a évité une trop grande rébellion des soldats. En effet, les hommes avaient aussi un devoir envers leurs familles qui souffraient financièrement et socialement des sanctions prises à leur égard, notamment parce qu’elles s’opposaient à limage héroïque du soldat que larmée et lÉtat sétaient appliqués à propager.

            Cependant, plus la guerre avançait dans le temps, plus les soldats étaient tentés de se révolter. La peur de la peine de mort seffaçait de plus en plus du fait quils risquaient déjà, dans les combats, leur vie à chaque instant. Les soldats étaient de plus en plus nombreux à protester contre les risques inutiles quon leur faisait prendre, et les engagements que larmée ne tenait pas (permissions en retard…). A partir de 1917, on constate une application plus conciliante de la justice militaire. En effet, alors même que larmée française connaissait des mutineries sans précédent, environ 30 à 40 000 soldats concernés, seulement 49 dentre eux furent exécutés. La répression a été donc assez faible car il semble que la menace de la peine de mort n’était plus efficace. Ceci montre aussi ladaptation de la justice militaire qui navait encore jamais été confrontée à un tel conflit.

            On peut donc bien dire que la justice militaire très stricte a contribué à faire accepter la guerre de 1914 à 1918 aux soldats français. Cependant ce nest pas la seule raison, dautres facteurs sont entrés en compte, notamment le fait quils se trouvaient dans une société très patriarcale. En effet , ils étaient dès le plus jeune âge habitués à obéir au père sans protester, ainsi le règlement de larmée ne les choquait pas plus que cela et leur sens critique était assez limité du fait de leur éducation. Malgré tout, la justice militaire a dû revoir, faire évoluer son système trop répressif, car finalement il sest retrouvé être dépassé et inefficace.

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viot 18/04/2009 14:06

Je vous invite à visiter mon Blog "Les blessures de l'âme": http://les-blessures-de-l-ame.over-blog.com/ sur mes recherches sur la première guerre et en particluier sur les fusillés.N'hésitez pas à faire connaître ce site et à le mettre en lien.MercicordialementEric Viot