Les uniformes et les objets de combat

Publié le par E. Minaire, E. Guergouz et K. Wills

Comment à travers les uniformes, l'armement du soldat, peut-on appréhender le caractère planétaire de la Grande Guerre ?


Tout au long de cette guerre, les uniformes des soldats qui ont été impliqués n'ont fait qu’ évoluer pour s'adapter plus ou moins à la situation. Nous notons parmi les principaux uniformes: allemand (vert-de-gris), anglais surnommés les « Tommies » (en marron et leur casque en soucoupe), les « zouaves » algériens (costume bleu marine et sarouel rouge), les américains surnommés les « Sammies » en kaki marron et chapeau et les russes (bleu kaki). La diversité de tous ces uniformes montrent que beaucoup de pays interviennent et qu'on peut parler de guerre planétaire.

Par exemple plus précisément:  l'évolution de l'uniforme français. En 1914, les Français s'attendant à une guerre comme ils l'avaient toujours vécue c'est à dire une grande offensive c'est pour cela qu'ils partent en guerre avec l'uniforme habituel : le pantalon rouge et la veste bleue marine ainsi que le képi. Mais dès 1915, ils se rendent vite compte que la guerre qui est en train de se dérouler sera une guerre de front et qui durera. Dans ces conditions, la discrétion et le camouflage sont des facteurs indispensables. C'est pour cela que l'uniforme de 1914, par faute de ne pas répondre a ces critères, disparaît, laissant place à celui de 1915: il devient plus chaud et surtout prend la couleur de bleu horizon, couleur permettant que le soldat se fonde mieux dans le paysage.

Photographie d'un casque français de la Première Guerre Mondiale (archive d'E. Besset)
Le soldat est aussi doté d'un casque. Celui-ci est en fer, ce qui lui permet de mieux résister aux projections. Doublé de cuir portant une lanière il apporte aussi plus de confort aux soldats. Et enfin nous pouvons observer sur le devant du casque le symbole « R.F » qui rallie le soldat a sa patrie : République Française. Les Français se rendent compte que la guerre sera longue; guerre de tranchées, par conséquent les soldats s'équipent mieux.

Au fur et à mesure que la guerre évolue, le pays en entier est sollicité pour l’armement. En Russie, le gouvernement , après plusieurs mois intenses de guerre, réquisitionne auprès de la population et surtout des fermes du métal brut. Cette action a pour but de reforger les anciens morceaux de fer en baïonnettes et fusils.  Les plus grandes entreprises françaises ont aussi pour intérêt financier d'arrêter leurs productions habituelles afin de s'engager dans la création d'outils de guerre : par exemple l'usine Peugeot, productrice de voitures, fabrique en cours de guerre des pinces à barbelés.

Photographie d'une pince à barbelés, portant la mention "usines Peugeot 1917", (archive d'E. Besset).
Cette dernière est grande (environ 40cm), son poids est important et sa lame est petite, adaptée a son activité. Les soldats l'utilisaient pour des sabotages mais plus particulièrement pour délivrer des humains prisonniers enfermés comme des bêtes par ces barbelés.


Un nouveau type d’artillerie apparaît aussi : l’artillerie lourde, de plus en plus importante. L'obusier se distingue par sa taille et sa puissance de frappe; projetant des munitions de plus en plus grosses telles que des obus de 75 mm, 120mm et même jusqu'à 400mm de diamètre.

Sur la photographie, une douille d'obus de 75 mm de diamètre, composée de cuivre et de zinc. (archive E. Besset)

Les soldats se munissent de masques à gaz à cause de nouvelles armes, projetant des missiles remplis de gaz toxiques. La place de l'artillerie prend de plus un plus d'importance, à tel point que des publicitaires s'en servent pour vendre leurs produits alimentaires, comme l'a fait PHOSCAO, un chocolat en poudre instantané.

Le recyclage des objets, et les souvenirs des guerres des soldats font aussi partie de cette évolution. Les soldats passent leur temps sur les fronts ou dans les tranchées en transformant des objets de guerre en objets de plaisir; sans danger. Briquets fabriqués par les soldats (archive E. Besset). L'un fait avec une boucle de ceinture allemande : dessus la couronne de l'empire symbolisant l'appartenance à sa patrie et le soutien qui en ressort. Il y a aussi un texte en allemand «Gott mit uns» qui signifie «Dieu est avec nous », et enfin gravé, le laurier représentant la puissance et le désir de victoire. Sur le deuxième briquet, sur une face est gravée une Alsacienne et de l'autre un soldat « Sammy » américain, le lien est clair : c'est un briquet représentant l'alliance de la France et des Etats-Unis dont le but commun est de libérer les peuples sous l'emprise de l'autorité allemande et de remporter la guerre. Nous trouvons donc dans ces objets recyclés beaucoup de symboles représentant le désir, l'état d'âme des soldats des deux camps.


Tous ces éléments montrent bien une guerre planétaire brutale et violente,  dans laquelle pays et soldats se sentent très impliqués matériellement et mentalement.

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